9 février
Mercredi 4 février, le Conseil universitaire, réunissant enseignants-chercheurs, personnel et étudiants, a voté une journée et demie sans cours. Cette journée blanche a été votée à l'unanimité moins une voix, ce qui est rare tout parti politique et tout syndicat confondus.
Aujourd'hui, lundi 9 février, les cours n'ont eu lieu que le matin. A 13h, le département d'histoire organisait une réunion d'informations pour les étudiants, mais également pour le personnel. Les enseignants-chercheurs ont expliqué leurs revendications et les raisons pour lesquelles ils faisaient grève. Tout d'abord, ils se sentent méprisés par la mise en place d'une évaluation les concernant. Ils ont l'impression d'être considérés comme peu travailleurs et fainéants. Or, les mépriser revient à mépriser l'université et donc les étudiants, qui ne peuvent pas être bons si leurs professeurs sont mauvais. Selon ses derniers, l'université devrait être vu comme un investissement et non comme un coût, comme c'est le cas actuellement. Mais la colère des enseignants vient essentiellement de la réforme sur la masterisation (cf. article du 15 novembre), qui concerne l'ensemble des (futurs) professeurs et qui forme donc un enjeu considérable pour tous les élèves de primaire et de secondaire.
Par conséquent, afin de montrer leur colère, les enseignants-chercheurs ont décidé de bloquer toute l'université François Rabelais. Mais, à Tours, la politique est avant tout de ne pas pénaliser les étudiants - ou en tout cas de le faire le moins le possible. Ainsi, bon nombre de professeurs sont en grève et/ou pratiquent le blocage. Celui-ci n'est pas physique mais administratif, c'est-à-dire qu'il y a une rétention des notes. Cependant, malgré le climat gréviste - qui concerne à la fois enseignants et étudiants - les élèves sont encouragés à travailler et à avancer. D'ailleurs, des notes leur sont toujours données - car sans note, comment pratiquer la rétention ? - et des cours ont toujours lieu afin que ce second semestre ne se transforme pas en plusieurs mois de vacances.
Demain, la journée blanche s'accompagnera d'une manifestation. L'université des Tanneurs n'a pas voté en faveur de la manifestation nationale à Paris - pour des raisons ignorées. Mais la faculté de Grammont et l'IUT s'y rendront, proposant d'accueillir les étudiants en Lettres, Arts et Sciences humaines s'ils le souhaitent. C'est cependant à Tours, place Jean Jaurès, à 14h, que beaucoup se retrouveront afin de crier leurs réclamations (un véritable statut social étudiant, une embauche massive des personnels universitaires non précaires, le retrait des décrets sur la masterisation des concours et sur le statut des enseignants-chercheurs, l'abrogation de la LRU, du Plan Licence, du plan Campus, et des autres mesures qualifiée d'"antisociales"). Les étudiants mobilisés, ainsi que les syndicats, espèrent juste que les élèves et les professeurs seront nombreux, et bien-sûr que le temps leur sourira.