La lutte continue pour les étudiants grévistes mais son vote est-il vraiment incontestable?

11 février

La grève a été votée hier, est votée aujourd'hui et sera votée demain. Tous les jours, à 16h ou à 17h, une assemblée générale (AG) est organisée dans l'amphi Thélème pour voter ou non la continuité de la grève parmi les étudiants. Ces derniers mots sont en quelque sorte regrettables car il n'y a que les étudiants. Les enseignants chercheurs et le personnel se réunissent, eux, de leur côté. Seulement, pour une action plus cohérente, il serait peut-être mieux que toutes les personnes concernées par les nouvelles réformes et mécontentes se retrouvent, et décident ensemble de la solution à adopter.

On peut remarquer un autre défaut dans les assemblées étudiantes. Celui-ci est assez notable. Il s'agit de la manière de voter, qui se fait à main levée. A la question "Qui est pour continuer la grève", les militants vivement engagés lèvent bien sûr la main, des étudiants qui se sentent concernés font de même, et leurs camarades, assez incertains, regardent autour d'eux et finissent par faire le même geste que les autres, de peur d'être mal vu. Par conséquent, chacun ne s'exprime pas vraiment. Pourtant, pour que la démocratie soit totale, il suffit d'une organisation minime : une urne (ou bien un bonnet ou un chapeau) dans laquelle les étudiants glisseraient un bon de papier anonyme, marqué d'un oui ou d'un non.
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# Posté le jeudi 05 mars 2009 12:53

L'université se bloque pendant une journée et demie

9 février

Mercredi 4 février, le Conseil universitaire, réunissant enseignants-chercheurs, personnel et étudiants, a voté une journée et demie sans cours. Cette journée blanche a été votée à l'unanimité moins une voix, ce qui est rare tout parti politique et tout syndicat confondus.

Aujourd'hui, lundi 9 février, les cours n'ont eu lieu que le matin. A 13h, le département d'histoire organisait une réunion d'informations pour les étudiants, mais également pour le personnel. Les enseignants-chercheurs ont expliqué leurs revendications et les raisons pour lesquelles ils faisaient grève. Tout d'abord, ils se sentent méprisés par la mise en place d'une évaluation les concernant. Ils ont l'impression d'être considérés comme peu travailleurs et fainéants. Or, les mépriser revient à mépriser l'université et donc les étudiants, qui ne peuvent pas être bons si leurs professeurs sont mauvais. Selon ses derniers, l'université devrait être vu comme un investissement et non comme un coût, comme c'est le cas actuellement. Mais la colère des enseignants vient essentiellement de la réforme sur la masterisation (cf. article du 15 novembre), qui concerne l'ensemble des (futurs) professeurs et qui forme donc un enjeu considérable pour tous les élèves de primaire et de secondaire.

Par conséquent, afin de montrer leur colère, les enseignants-chercheurs ont décidé de bloquer toute l'université François Rabelais. Mais, à Tours, la politique est avant tout de ne pas pénaliser les étudiants - ou en tout cas de le faire le moins le possible. Ainsi, bon nombre de professeurs sont en grève et/ou pratiquent le blocage. Celui-ci n'est pas physique mais administratif, c'est-à-dire qu'il y a une rétention des notes. Cependant, malgré le climat gréviste - qui concerne à la fois enseignants et étudiants - les élèves sont encouragés à travailler et à avancer. D'ailleurs, des notes leur sont toujours données - car sans note, comment pratiquer la rétention ? - et des cours ont toujours lieu afin que ce second semestre ne se transforme pas en plusieurs mois de vacances.

Demain, la journée blanche s'accompagnera d'une manifestation. L'université des Tanneurs n'a pas voté en faveur de la manifestation nationale à Paris - pour des raisons ignorées. Mais la faculté de Grammont et l'IUT s'y rendront, proposant d'accueillir les étudiants en Lettres, Arts et Sciences humaines s'ils le souhaitent. C'est cependant à Tours, place Jean Jaurès, à 14h, que beaucoup se retrouveront afin de crier leurs réclamations (un véritable statut social étudiant, une embauche massive des personnels universitaires non précaires, le retrait des décrets sur la masterisation des concours et sur le statut des enseignants-chercheurs, l'abrogation de la LRU, du Plan Licence, du plan Campus, et des autres mesures qualifiée d'"antisociales"). Les étudiants mobilisés, ainsi que les syndicats, espèrent juste que les élèves et les professeurs seront nombreux, et bien-sûr que le temps leur sourira.

# Posté le lundi 09 février 2009 13:41

La grève est déclarée à l'université

3 février

Lundi 2 février, à 17h, les étudiants des Tanneurs ont voté la grève dans l'amphithéâtre Thélème. Ils ont décidé de venir à la faculté mais de ne pas se rendre en cours.

En même temps, des enseignants agissent d'une manière presque identique. Certains sont en grève mais viennent à l'université. Ils ne font pas cours, mais proposent à leurs élèves de parler de l'actualité, et de les informer s'ils manquent de renseignements. Madame Palamara, professeur de français, explique ce matin aux étudiants présents les raisons pour lesquelles elle se mobilise avec ses collègues. Tout d'abord, les nouvelles réformes menacent le statut d'enseignant chercheur. Mais ce n'est pas sur sa propre personne qu'elle développe son discours. Elle considère que l'université et les étudiants deviennent fragiles à cause de la volonté du gouvernement d'alléger le plus possible les connaissances, comme pour le CAPES par exemple. "On enlève à l'enseignement public ce qui fait sa force", déclare-t-elle, "On le vide de son contenu de qualité avec la masterisation et l'allongement des études, difficile à gérer pour des parents et des étudiants. Le statut des concours est menacé" (par exemple, les IUFM vont disparaître). Ainsi, l'une des peurs de Madame Palamara est de voir le clivage s'accentuer entre privé et public, à cause des nouvelles réformes et de l'utilisation de plus en plus fréquente de vacataires. Selon elle, il faut lutter contre le danger de développement d'"une élite détachée du peuple".

Donc, tout le monde se mobilise à l'université de Lettres, d'Art et Sciences Humaines, en privilégiant les discussions et les débats - des groupes de réflexion sont ouverts à tours dans les couloirs. Mais pourquoi ne pas avoir choisi le blocage ? Vendredi 30 janvier, des étudiants étaient pour cette action et le syndicat Sud étudiant les soutenait. Seulement, le blocage a beau être le moyen le plus fort pour se faire entendre, il est difficile à mettre en place et à gérer. Il crée des conflits entre les étudiants, en répertorie certains par rapport à leurs convictions politiques, en empêche d'autres de préparer leurs concours... De plus, il engendre le risque de se frotter au CRS, comme cela s'est produit en 2005 pendant la crise du CPE, lorsque les étudiants occupaient la faculté jour et nuit.

Ce mouvement de grève a été adopté par la plupart des universités tourangelles, comme celles de géographie et de droit. Peut-être s'amplifiera-t-il vendredi, le lendemain du passage à la télévision de Nicolas Sarkozy.
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# Posté le mardi 03 février 2009 05:47

Modifié le mardi 03 février 2009 06:10

Tours et ses rues remplies de manifestants

Tours et ses rues remplies de manifestants
29 janvier
13h30

Ils sont 20 000 selon la CGT, 9 500 selon la police. Après plusieurs de mauvais temps, le soleil était au rendez-vous pour accompagner les manifestants tourangeaux. Etudiants sont bien entendus présents, mais aussi cheminots, chauffeurs de bus, enseignants, personnel hospitalier, facteurs, postiers, lycéens... C'est ensemble qu'il faut agir et surtout "Tous unis !" comme le clame une pancarte qui répertorie les partis et les syndicats présents : SDU, FO, CGT, CFDT, UNL, UNEF, Sud Etudiant. Tout ce monde fait bien du bruit et prend bien de la place ; le centre ville est bloqué, la tête du cortège atteint la place Jean Jaurès alors que les derniers sont encore sur le pont Wilson. Quant aux lycéens, ils se concentrent sur le boulevard Béranger, après avoir bloqué les lycées Descartes et Balzac. Ils brandissent des panneaux "Tous conte Darcos !" et chantent un air bien connu : "Un pas en avant, trois pas en arrière, c'est la politique du gouvernement".

Cette journée d'action pour l'emploi et les salaires semble être réussie puisqu'elle dérange et fait écho. Les automobilistes et les passants râlent. Aujourd'hui, Tours tourne au ralenti.

A 14h30, les syndicats étudiants convoquent leurs camarades à la faculté des Tanneurs, dans l'amphi Thélème, pour décider de la suite qui sera donnée à cette journée.


Photographie : La Nouvelle République, 30 janvier 2009
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# Posté le jeudi 29 janvier 2009 12:46

Modifié le dimanche 01 février 2009 07:36

Quand les étudiants s'inquiètent pour leur avenir

27 janvier

"Tous dans la rue le 29 janvier", tel est le titre du prospectus que les membres du syndicat étudiant UNEF distribuent dans les couloirs de la faculté des Tanneurs. "Le gouvernement fragilise l'université !" s'exclament-ils. Les conséquences de la crise financière commencent à se ressentir dans tous les secteurs, et avec la hausse du chômage, l'avenir de milliers de jeunes commence à s'assombrir. Les étudiants refusent que leur génération soit "sacrifiée" en servant de variable d'ajustement au gouvernement Sarkozy, sous prétexte de la crise. C'est pourquoi, le 29 janvier, ils sont appelés à se mobiliser au côté des salariés en les retrouvant à 10h, place de la Liberté.

Les étudiants veulent se faire entendre et ont bon espoir, car les mobilisations du premier semestre ont montré leur utilité. Seuls les jeunes ont réussi à faire reculer le gouvernement (lycéens, RASED). La journée du 29 janvier est donc capitale. Ils veulent être écoutés et crier leurs revendications. Ils dénoncent la réforme du financement qui creuse les inégalités entre universités, puisque les moyens ne seront plus distribués en fonction des besoins des facultés mais en fonction de leur "performance" en termes de réussite et d'insertion professionnelle. Ainsi, celles qui accueillent les étudiants les plus défavorisés seront pénalisées (et rendues responsables du chômage ?).

Les 900 suppressions de postes dans 75% des universités sont également un motif de colère des étudiants, puisqu'ils considèrent que cette décision va dégrader leurs conditions d'études et participer à un fort taux d'échec au premier cycle. De plus, cela ferme des débouchés pour des milliers d'entre eux qui voient également une baisse des postes au concours de l'enseignement.

Enfin, les conditions de vie des étudiants, qui subissent la précarité et la baisse du pouvoir d'achat, se dégradent. Certains sont donc obligés d'être salariés au détriment de leurs études.

Les jeunes réclament donc des mesures immédiates pour les universités et pour eux-mêmes. Jeudi, ils se réuniront contre la concurrence entre universités et la réforme des moyens, invoquant l'importance de l'égalité entre les étudiants. Ils clameront leur volonté de lutter contre chômage en demandant une aide à la recherche au premier emploi, l'interdiction des stages hors cursus, l'arrêt des suppressions de postes massives dans la fonction publique, et la création d'emplois publics. Ils solliciteront un plan d'action sociale afin d'être protéger de la crise et de soutenir leur pouvoir d'achat, notamment grâce à l'augmentation du nombre et du montant des bourses.

Les requêtes sont claires, les ambitions ne manquent pas. Mais reste maintenant à savoir combien d'étudiants se lèveront jeudi matin pour manifester dans la rue, combien ne seront pas décourager par le froid, et comment le gouvernement captera le message de la jeunesse.
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# Posté le mercredi 28 janvier 2009 13:18

Modifié le jeudi 29 janvier 2009 12:47