Bêtise ou harcèlement ?

Bêtise ou harcèlement ?
28 décembre

Les étudiants sont en vacances, le premier semestre est terminé. Un semestre où il a fallu travailler, être autonome, et surtout ne pas craquer pour ceux en première année de médecine. Face aux redoublants, dits carrés, les nouveaux, dits bizuts, devaient tenir le coup et tenter d'écouter les paroles du professeur au milieu des bavardages et des cris.

Mais pourquoi les enseignants acceptent-ils de faire cours dans ces conditions ? Comment peuvent-ils consentir au fait de parler au milieu d'étudiants indisciplinés, répétant chaque jour : "il est onze heure moins dix, c'est l'heure du pastis !" ? Comment peuvent-ils acquiescer, voire être complice, du bizutage que subissent les premières années ? Certains repèrent les carrés dissipés dans l'amphithéâtre et les font exclure quelques jours, mais ces pratiques sont beaucoup trop rares. La plupart des professeurs ne réagissent pas. D'autres quittent la salle et pénalisent ainsi tous les étudiants, donnant satisfaction aux redoublants qui ont déjà tous les cours pour passer le concours. Enfin, quelques uns adoptent la mentalité des carrés et se moquent d'eux pour leur montrer à quel point leur comportement est stupide.

C'est donc parmi les cris, les boules de papier jeter à la figure et les sifflements que les étudiants en première année de médecine ont du étudier. Certains restent, d'autres partent après avoir craquer - essentiellement des filles. Les survivants doivent encore supporter pendant un semestre les redoublants, qui cherchent à éloigner le plus de personnes possibles du concours final. Mais les nouveaux arrivants sont-ils responsables de leur échec passé ?


Merci à Estelle Caron, étudiante en première année de médecine à Tours, pour les précisions.

Photographie : http://archiguide.free.fr/PH/FRA/Tor/ToursHopBretonneauIvBa.jpg

# Posté le dimanche 28 décembre 2008 07:23

Modifié le vendredi 02 janvier 2009 07:44

Les nouvelles réformes l'emportent sur les grévistes et les manifestants

25 novembre

Après les grèves et manifestations de jeudi dernier (20 novembre), les présidents des universités se sont réunis afin de répondre aux différentes questions de la SLU (Sauvons l'université). Seulement, leurs réponses étaient - trop - souvent composées de l'expression "Cela nous soucie". Pour eux, les nouvelles réformes ne sont pas forcément mauvaises, et ils ont déclaré qu'on ne peut pas régler un problème quelconque avant qu'il n'apparaisse. Par conséquent, leur objectif principal est de calmer les étudiants afin qu'ils ne se mêlent pas de ce nouveau projet.

Grâce aux déclarations faites par les présidents des universités aux représentants de la SLU, l'arrière pensée des nouvelles réformes paraît tout à fait claire : elles sont transitoires. Les universités insistent sur l'importance du master plutôt que du concours, qui aurait lieu la même année (cf. article du 15 novembre). Donc, par la suite, le concours sera supprimé, et la France fonctionnera comme les autres pays, où, disent les présidents : "Cela marche très bien".

Sur un seul et unique point, ils apportent une réponse précise : les établissements privés. Leur préoccupation principale est d'éviter que les écoles privées mettent en place une formation pour préparer l'année combinant master et concours.

En conclusion, le résultat semble être une catastrophe. A part un ajout de deux ou trois semaines pour rendre un rapport au gouvernement, les professeurs et les manifestants n'ont rien obtenu. Résultat : un nouvel appel à la grève est lancé pour jeudi prochain.

# Posté le mercredi 26 novembre 2008 06:52

Petit train, mais où tu caches-tu ?

23 novembre

19h04, gare de Vendôme. Comme tous les dimanches, les étudiants qui retournent à Tours ne sont pas inquiets en ne voyant pas le train arriver, toujours en retard. Seulement, très vite, la panique de certains fait surface lorsqu'un employé de la SCNF annonce qu'il n'y aura pas de train. Peut-être qu'un bus viendra, se dit-on, comme c'est arrivé plusieurs fois. Seulement, en attendant dans le froid, on se rend bien compte que la seule solution est le trajet en voiture. Vite, on appelle ses parents, on téléphone à ses amis, pour trouver un moyen de rentrer chez soi.

Certains partent à plusieurs. D'autres sont égoïstes et partent en solitaire, laissant à la gare des étudiants venus seuls, avec leur grosse valise et leur sac à dos.

"La grève ne devait commencer qu'à 20 heures !", on entend crier. Oui, mais le train est censé arrivé à Tours à 20h10, ce qui se transforme en 20h30 à cause du retard habituel. Le TER n'a donc même pas démarré de Châteaudun. Après tout, il vaut mieux qu'il ne parte pas, plutôt qu'il ne s'arrête en pleine campagne à 20 heures.

Beaucoup sont mécontents. Mais pourquoi au juste ? Parce qu'ils ne peuvent pas rentrer chez eux ?! Prennent-ils la peine de se demander pourquoi le train n'est pas venu, pourquoi les employés de la SNCF sont en grève ? Bien-sûr que non. Les jeunes restent bloqués sur leurs petits prolèmes personnels, qui se règlera plus vite que celui des travailleurs.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le lundi 24 novembre 2008 04:41

Nouvelles réformes, nouvelles disparitions

15 novembre

Ce mois-ci, de nouvelles réformes - peu entendues à cause de l'élection de Barack Obama - ont été évoquées par le ministère de l'Education nationale. Tout d'abord, il est envisagé de placer l'histoire, les mathématiques et la biologie en option à partir de la première. Dans un premier temps, ce projet enlève une des spécificité de la culture française. Et dans un second temps, cela conduit à la diminution du nombre de professeurs dans le secondaire.

En plus de cette réduction, il est projeté de changer l'obtention du diplôme de professeur : au lieu de le passer après la troisième année de licence, il faudrait à présent un master, c'est-à-dire cinq ans d'études après le baccalauréat. A présent, les futurs professeurs disposent de trois ans études, puis d'un an de préparation au concours, pour terminer par un an de stage payé. Seulement, avec les nouvelles réformes, ce dernier serait supprimé - ce qui provoque un gain économique pour l'Etat - et le concours devrait avoir lieu au mois de janvier de la deuxième année après la licence. Ainsi, deux ans d'études sont rajoutés au cursus et doivent comprendre le master de recherche, la préparation au concours et le stage. Autrement dit, la fin des masters de recherche seule est annoncée car les étudiants devront combiner deux formations : de recherche et professionnalisante. Par conséquent, le mémoire qu'ils rendront sera beaucoup plus petit et moins riche en informations que les années précédentes.

De plus, le concours pour être professeur ne serait plus spécialisé en fonction de la discipline enseignée. Il deviendrait commun pour tous les futurs enseignants. Il serait composé de la connaissance des institutions et du programme du secondaire, qu'il faudrait rédiger en un cours destiné à deux classes différentes pour ensuite les comparer.

Seulement, comme le master et le concours se combineraient, quand est-il de ceux qui obtiendraient leur année d'étude et pas le concours, et vice versa ? Pour les étudiants détenant leur année, il leur serait impossible de la refaire pour tenter à nouveau le concours, puisqu'un diplôme ne peur s'obtenir deux fois. Quant à ceux dans le cas contraire, ils seraient considérés comme des vacataires et serviraient aux remplacements des professeurs, dont le nombre diminuerait selon plusieurs facteurs.

Ainsi, l'Etat ferait des économies, et ce fait s'accentuerait par l'obligation des universités de collaborer. Par exemple, les facultés d'Orléans et de Tours devraient s'entendre si l'une a peu d'étudiants en master et l'autre peu en licence. L'une deviendrait donc réservée aux étudiants en licence, et l'autre en master. Ainsi, des universités évolueraient en devenant spécialisées, cela entraînerait une diminution du nombre d'étudiants, surtout de ceux qui n'ont pas les moyens de partir loin de chez eux, et pour qui le loyer d'un logement en ville est beaucoup trop élevé.

D'ici le 31 décembre, donc dans un mois environ, les universités doivent rendre une maquette au gouvernement. A Tours, un délai plus long a été demandé. De plus, une question se pose : Va-t-on donner au gouvernement ce qu'il demande même si l'on est en désaccord ? A cette interrogation, le président de la faculté tourangelle a répondu qu'il rendra une maquette si une autre université en produit une. Et chaque établissement résonne ainsi, ayant peur d'être effacer. Les universités sont donc mise en concurrence et bien-sûr, aucune n'a envie de disparaître.

Aussi, jeudi 20 novembre, une manifestation a lieu à Tours pour protester contre ces nouvelles réformes, qui ne concernent pas uniquement le monde universitaire. Celui-ci est bien entendu intéressé, mais la société toute entière est touchée. Les réformes retiennent donc les étudiants, les professeurs, les chercheurs, les élèves, ainsi que les instituteurs (la suppression de la maternelle est évoquée).


Plus d'informations sur : http://www.sauvonsluniversite.fr


[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 16 novembre 2008 13:40

Surprise chez les Allemands !

7 novembre

L'université François Rabelais de Tours accueille beaucoup d'étrangers. Pour un semestre ou une année scolaire entière, des Anglais, des Russes, des Italiens, des Espagnols et une majorité d'Allemands viennent perfectionner leur français et poursuivre leurs études. En général, le rythme universitaire est le même que dans leur pays, mais une différence frappe les Germaniques. L'un d'eux s'est confié à Madame Tourraton, professeur d'allemand, lui disant qu'il avait fait un exposé, et qu'à la fin, c'était le calme complet, ce qui l'a fait se sentir très mal. Pourquoi ? En France, lorsqu'un élève passe à l'oral devant le reste de sa classe, présentant une dissertation ou un commentaire de texte, ses camarades prennent des notes et le silence perdure du début à la fin de l'intervention. Seulement, en Allemagne, les étudiants montrent leur contentement après un cours magistral qu'ils ont apprécié ou un bon exposé en applaudissant, ou plus souvent en frappant sur les tables. Ainsi, sans que le bazar ne soit déclenché, le professeur ou l'élève sait si ce qu'il a fait a été estimé. Par conséquent, le calme intégral a perturbé l'étudiant Erasmus qui a cru que son travail était mauvais.

Cette anecdote oppose le système germanique au système français qui paraît plus strict, et qui distribue à l'étudiant une note par rapport à son intervention, à la fin du semestre, dans même lui avoir donner une estimation avant. Une méthode qui semble sévère aux yeux des étrangers qui préfèrent se faire une idée du résultat qu'ils obtiendront, plutôt que d'être angoissés, impression que les Français ont appris à ressentir le long de leur scolarité.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le vendredi 07 novembre 2008 12:44

Modifié le dimanche 09 novembre 2008 08:12